Actualite du Jour

24 juin 2017

Bukavu célèbre sa première journée internationale des veuves


C'est à travers conférence organisée par le Centre de Droit de la Famille et de son Patrimoine de l’Université Catholique de Bukavu, que pour une première fois depuis son institution le 23 juin 2011, à  Bukavu vient d'être célébrée la journée internationale des veuves ce jeudi 23 juin 2017 sous le thème : « MUJANE NI MTU PIA, SISI SOTE TUBORESHE NA TUKINGE HAKI ZAKE ».

Dans la matinée, en la salle Concordia de l’Archidiocèse de Bukavu, environ 200 veuves, dont certaines réunies en associations, ont pris part à cette activité organisée en vue de faire attendre la voix de la veuve et de réveiller la conscience de tous sur le respect des droits de la veuve. Des notables de la Province étaient présents à cette activité parmi entre autres : le chef de division des affaires humanitaires, des affaires sociales, du Genre, le chef d’Agence du Fonds Nationale de Promotion et de Service Sociale et un représentant de l’Institut National de Sécurité Sociale.

Journée internationale des veuves à BukavuDes questions sur le rôle de l’Etat dans la protection de la veuve et la loi sur la protection des droits de la veuve, étaient au centre des discussions lors des échanges entre les veuves d’un côté et  les chefs de divisions d'un autre côté,  et cela sous l’impulsion du Centre de Droit de la Famille et de son Patrimoine de l’UCB via l’intermédiaire de la Professeur Nathalie VUMILIA NAKABANDA  initiatrice même de cette activité.

  L’Etat et la protection des droits de la veuve au Sud-Kivu

En effet, à Bukavu les veuves et les femmes délaissées par leurs maris, vivent dans des conditions très dégradantes et inhumaines entre autres: le non accès aux avantages liés  aux droits à l’héritage, le non accès à la pension, et l’absence de tout accompagnement des structures gouvernementales et des organisations humanitaires, etc.

Cela a pour conséquence, d’après  l’association Initiative des Femmes pour la Promotion et l’Education de la Femme (IPEF) oeuvrant dans la commune de Bagira,  l'evasion des enfants mineurs  du toit parental pour prendre refuge dans la rue, ce sont les enfants qui sont aujourd’hui communément appelés « SHEGE : enfants dans (de) la rue » et des filles mineures se livrent à la prostitution pour survivre. Pourtant,  ils n’ont pas choisi cette vie là, ils n’ont pas choisi d’être orphelins.

D’après les représentants de veuves engagés dans le débat lors de cette journée, ce constat amer nous conduit a plusieurs interrogations sur comment les divisions des affaires humanitaires,  des affaires sociales, du Genre et de la Justice orientent leurs actions en vue d’apporter un appui nécessaire et satisfaisant pour le bien être des groupes vulnérables et  nécessiteux.

Un représentant de la division des affaires humanitaires au Sud-Kivu a indiqué que : «  depuis l’indépendance de la RDC, il n’existe pas encore un programme allant vers la protection de droit de la veuve. Au Sud-Kivu, grâce à un travail  réalisé par les associations locales oeuvrant dans l’assistance à la veuve et les divisions provinces de la Justice, du Genre et des Affaires sociales, un édit est  proposé au niveau provincial pour la protection de la veuve, l’orphelin et les personnes vivant avec handicap et les albinos ».

Pour la division des affaires sociales, il n’existe aucun accompagnement en faveur de la veuve de manière individuelle, seules les femmes réunies en associations peuvent bénéficier d’une assistance sociale, la division délivre parfois des attestations d’indigence pour aider les veuves à faire face à la multiplicité des taxes en leur obtenant une exemption sur certaines taxes, question de soutenir leurs activités commerciales de survie.

Par ailleurs, les veuves ont indiqué ne pas être au courant de l’existence de ce document, et d’autres ont affirmé qu’il leur a été demandé de verser des sommes d’argent pour l’obtention de ce document qui est supposé se donner gratuitement.

La loi sur la protection des droits de la veuve

A l’occasion de cette journée de la veuve, Madame Professeur NATHALIE VUMULIA a voulu s'adresser à cette catégorie de personnes vulnérables et nécessiteux pour les informer  de l’existence de deux catégories des textes de lois en RD CONGO sur la protection des droits de la veuve, à savoir : les traités, conventions internationaux signés par la RDC et la Constitution de la RDC.

Elle a insisté sur les droits à l’héritage lors du décès d’un mari, la perception des allocations qui sont souvent les domaines où les droits de la veuve ne sont pas véritablement protégés. Il s’est avéré que nos coutumes parfois sont déshumanisantes à l’égard de la femme éprouvée qui soit est chassée de la maison de son mari, soit n’a aucun droit à l’héritage des avoirs de son mari, alors que c’est à elle que revient la charge de l’éducation et de survie des enfants laissés par le défunt, soit encore dans certaines cultures la veuve est obligé d’épouser le frère de son mari pour protéger les avoirs et s’occuper de l’éducation des enfants.

Au terme de cette journée, les veuves de Bukavu, ont  demandé à l’Etat de s’investir d’avantage dans l’application des lois en faveur avec la protection de la veuve et de mettre sur pied une politique des planifications des actions humanitaires au niveau national et canaliser ses actions vers les différentes organisations tant nationales qu’internationales  en assumant surtout leur suivi auprès de tous les intervenants dans ce domaine.

 


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