Actualite du Jour

13 AVRIL 2013

Echanges commerciaux transfrontaliers et promotion de l emploi a l Est de la RDC.


Le concept « résilience » d’un Géant Africain, pour parler de la RDC, tombe à point nommé si l’on considère que l’économie informelle congolaise est devenue, depuis quelques des décennies, une source de revenus pour nombre de ménages. Il ne faut pas nécessairement être économiste pour reconnaitre que la RDC et les Congolais tiennent le coup, contre vents et marrées. En dépit des confits armés aux conséquences économiques désastreuses, l’espoir est toujours permis. Et face à l’adversité, le peuple résiste. Cette résistance n’est pas que politique, elle est aussi économique. Le pays et le peuple continuent à résister au choc. Car, d’après le dictionnaire, la résilience est un concept emprunté à la physique (et aux métaux) pour traduire, en parlant de certains corps, leur aptitude à résister aux chocs. Et c’est le moins qu’on puisse dire pour la RDC. Retour ligne manuel
Cet ouvrage qui ne manquera pas d’intéresser les étudiants, les enseignants, chercheurs et autres praticiens des sciences économiques est un carrefour des pensées transversales et des analyses de terrain produites par d’éminents chercheurs et enseignants d’université. Le premier chapitre qui aborde les questions géospatiales et les infrastructures est l’œuvre de quatre chercheurs à savoir George Wolf, Fabrice Lusinde, Julien Galant et Anne Cecile Souhaid. Le deuxième chapitre qui livre une moisson de données techniques sur la facilitation du commerce est une contribution de quatre auteurs dont Brendan Horton, Philippe Lambrecht, Thomas Cantens et Alexa Tiemann. Le troisième chapitre qui a pour intitulé « Faciliter le commerce transfrontalier entre la RDC et ses voisins dans la Région des Grands Lacs en Afrique : améliorer les conditions des commerçants pauvres » semble avoir retenu notre attention, pour des raisons de proximité. C’est sous chapitre que Paul Brenton, Shiho Nagaki, Jean-Baptiste Ntagoma et Célestin Bashige donnent les résultats de leurs recherches. Nous y reviendrons sous peu dans les lignes qui suivent car les deux derniers sont enseignants à l’Université Catholique de Bukavu. Le quatrième chapitre campe sur l’ « Intégration régionale dans la région inférieure du Congo : ouverture du goulot d’étranglement Kinshasa-Brazzaville ». C’est une contribution des chercheurs Marius Brülhart et Mombert Hoppe enrichie des commentaires d’Yves Birere qui est consultant à la Banque mondiale. Au cinquième chapitre, portant sur le Développement humain et le marché du travail, les lecteurs apprendront beaucoup sur la croissance et la réduction de la pauvreté, les secteurs de la construction, de l’agriculture, la pénurie des compétences dans ces secteurs-clés, etc. Le sixième et dernier chapitre articule le secteur privé- gouvernance, croissance et contraintes en livrant des résultats d’enquête menées par deux chercheurs à savoir Alice Mufungizi et Alexa Tiemann. Sous ce chapitre, un regard particulier est porté sur l’état des entreprises en RDC, le secteur privé élargi sur les activités étrangères et les activités publiques, les PME du secteur privé et le secteur informel, sans oublier les contraintes de croissance auxquelles font face les entreprises congolaises. Retour ligne manuel
A n’en point douter, cet ouvrage regorge d’informations pratiques et utiles aux décideurs politiques pour le relèvement communautaire et la relance économique de la RDC. C’est ainsi que, du premier lot publié avant cette année, la Banque mondiale en a distribué 600 exemplaires aux membres de l’Assemblée nationale élus aux récentes élections de novembre 2011. Des centaines d’autres exemplaires ont été distribués aux acteurs politiques congolais.Retour ligne manuel
Le troisième chapitre précité dresse un état de lieu actuel et les opportunités d’amélioration du commerce transfrontalier entre la RDC et ses pays voisins dont le Rwanda, le Burundi, l’Ouganda et le Kenya. La cible de cette analyse est le secteur agricole où il est attesté que la majorité des échanges commerciaux actuels sont informels et conduits par des commerçants individuels, principalement des femmes pauvres. Se refusant de prendre l’informel pour l’illégal, les chercheurs montrent que chaque jour ces commerçants traversent la frontière en passant par des postes-frontaliers officiels. Aussi les auteurs de ce précieux ouvrage cherchent-ils à mettre en évidence le potentiel commercial transfrontalier, identifier les conditions et les problèmes auxquels les commerçants font face lors de leurs traversées journalières et formuler des recommandations à l’intention des décideurs politiques quant au choix des priorités des mesures de facilitation commerciale.Retour ligne manuel
La paix et la stabilité relative observées dans la région des Grands lacs d’Afrique sont des facteurs favorables à la croissance des échanges commerciaux entre la RDC et ses pays voisins. Toutefois, on observe un certain déséquilibre entre exportations et importations, surtout pour le cas de la RDC. En effet, d’après cette étude, les flux commerciaux transfrontaliers en RDC sont très faibles par rapport aux importations totales de chaque pays. En d’autres termes, il a été observé que les importations rwandaises en provenance de la RDC ne représentent que 0,5% de ses importations totales en 2009. Les exportations du Burundi, du Rwanda et de l’Ouganda vers la RDC excèdent leurs importations respectives en provenance de la RDC.Retour ligne manuel
Le secteur informel est plus considérable dans les échanges transfrontaliers bien qu’on ne puisse disposer des données statistiques à jour et fiables à ce sujet. Ainsi, le nombre de camions qui franchissent la frontière ne représente qu’une infime proportion des échanges réalisés par des dizaines de milliers d’individus qui au jour le jour traversent à pied les frontières à l’Est de la RDC. Ce type de commerce n’est donc pas illégal mais plutôt mal organisé et n’apparait pas dans les registres douaniers. Organisé à petite échelle, il est aussi officiel parce que les commerçants informels qui traversent des postes-frontaliers officiels paient des frais de passage au bureau des services d’immigration et parfois ils paient des frais de douane sur les importations. Retour ligne manuel
Les conditions de travail dans lesquelles les commerçants informels exercent leurs activités sont également déplorables. Les femmes commerçantes qui traversent les frontières avec leurs marchandises sont régulièrement victimes de harcèlement et extorsions lors de leur traversée et n’ont ni soutien ni encadrement pour s’engager vers une formalisation de leurs activités. La pléthore des services étatiques frontaliers congolais, la vétusté des infrastructures, les procédures douanières mal appliquées, le manque de transparence dans le chef des fonctionnaires de l’Etat, etc. sont là des conditions qui ne peuvent favoriser la floraison et l’épanouissement d’un commerce transfrontalier. A la suite de ces divers constats, les chercheurs dressent un ensemble de recommandations axées sur la valorisation du rôle joué par les commerçants pauvres dans les échanges transfrontaliers, la reconnaissance des progrès enregistrés depuis un certain temps en matière de stabilité et de coopération transfrontalière, la réglementation de la gestion des frontières, la réduction des services étatiques ou agences qui alimentent la tracasserie, l’insécurité des personnes et de leurs biens aux postes transfrontaliers, la transparence et la prévisibilité du régime de politique commerciale, l’amélioration des infrastructures aux postes- frontaliers, la professionnalisation des agents commis aux postes frontaliers et leur sensibilisation aux problématiques de genre. Autant de recettes, parmi tant d’autres, qui pourraient contribuer à l’assainissement des échanges commerciaux transfrontaliers entre la RDC et ses pays voisins. Retour ligne manuel
 Service de Communication UCB


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